Chronique musicale de l’été – Volume 10 (2020)

Hello

Voici venu le moment où je me fend d’une petite bafouille musicale pour ma chronique musicale de l’été, comme chaque année depuis 10 ans maintenant! Vous pouvez retrouver celles de 2017 à 2019 ici . Les précédentes étaient envoyées par email. Et comme c’est la 10è, celle-ci est un peu plus chargée: plus de 20 albums / artistes écoutés et commentés ci-dessous!

Au menu de cette édition: Du rock français (qui envoie du bois) avec 7 Weeks, Gojira et Fatima, du heavy avec Black Veil Brides, Marilyn Manson, Lamb of God, Biffy Clyro ou Five Finger Death Punch, du dérangé avec Fiona Apple ou Nine Inch Nails, de l’Amérique profonde avec Margo Price et The White Buffalo ou, en plus remontés, Protomartyr, du gentil avec The Strokes, Rufus Wainwright ou Jarvis Cocker, ou des ovnis, avec Jehnny Beth ou King Gizzard & the Lizard Wizard, des seniors avec Seasick Steve et un Pretenders pour compléter le tableau. Un petit détour par Dublin également avec Fontaines D.C.

Le confinement, le covid, tout ça, c’est pas drôle. D’abord ça vous empêche de répéter avec vos potes, de faire des concerts avec eux, mais surtout ça vous empêche d’aller voir et écouter des concerts, et ne parlons même pas des festivals. Ca n’empêche pas évidemment d’écouter de la musique, mais c’est quand même pas pareil. Pour soutenir le secteur, qui en souffre énormément, je me suis aussi mis à acheter des albums sur le store de Qobuz (pour ceux que j’ai bien aimé écouter sur spotify ou youtube ou bandcamp, ou autres moyens plus ou moins licites, c’est selon). Qobuz a donc deux formules: streaming ou ventes de tracks. La vente a un avantage écologique (le streaming, c’est really really bad pour l’environnement, même si on joue pas dans la même catégorie que le streaming vidéo comme Netflix, qui bouffe maintenant 13% de la bande passante mondiale), un avantage technique/audiophile (la qualité des fichiers est top) et un avantage “philosophique” (vous ne dépendez plus d’un service de streaming une fois l’achat réalisé, vos fichiers sont chez vous, transportables, sauvegardables, etc). Certains artistes décident aussi de vendre eux-mêmes leurs productions directement sur leur site, comme 7 Weeks par exemple, dont on reparlera ci-dessous, qui en profite aussi pour faire des packs avec des goodies exclusifs. Avantage supplémentaire: là la rétribution de l’artiste est nettement meilleure! Chacun se débrouille à sa mode.

Bon, allez, sans plus attendre, voici quelques news musicales. Comme d’habitude, rien d’exhaustif ou d’objectif. C’est une tout petite sélection par rapport à ce que j’ai pu entendre, lire (qui n’est déjà qu’une toute petite partie de ce qui se fait overall). C’est surtout rock, si pas toujours dans le son au moins dans l’esprit, à une ou deux exceptions près. Je n’ai pas inclus le dernier album de Willie Nelson, parce que c’est un peu hors sujet quand même, mais chapeau pour les stats: son 70è studio album, à 87 ans. Et avec une voix intacte, prenez-en de la graine Monsieur Séchan!

Bonne lecture. Je reçois chaque année des commentaires du style “hé mais tu ne parles pas de ceci ou ça?”. N’hésitez pas à continuer, ça me permet de découvrir des choses que j’aurais loupées (ou de démarrer un débat passionné sur “si si, j’ai bien entendu, mais j’en parle pas parce que …”). Bref: feedback welcome!

C’est parti !

7 Weeks – Sisyphus

Les français de 7 Weeks ont sorti un de leurs meilleurs albums avec Sisyphus. J’en avais directement fait un commentaire. Je ne vais pas me répéter ici en long et en large, mais le résumé, validé par quelques mois d’écoute: écoutez l’album, c’est un must! Par contre, fichtre, diantre, 7 Weeks avait prévu une tournée bien costaude pour aller à la rencontre de son public grandissant. Ils devaient même passer en festival par notre bonne vieille Belgique cet été. Mais évidemment, les évènements que l’on sait l’ont empêché. Ceci dit, ils ont posté une foule de vidéo et de nouveaux clips ce printemps et cet été. N’hésitez donc pas à aller faire un tour sur leur page facebook ou sur youtube (mais qu’est-ce que je disais, déjà, à propos du streaming vidéo?).

 

Biffy Clyro – A Celebration of Endings

Des les premières notes de North of No South, on ne s’y trompe pas: c’est bien le son reconnaissable des écossais de Biffy (F*cking) Clyro qui emplit la pièce. Et puis claquent les riffs syncopés en mode bien synchronisé guitare/basse/batterie dont ils sont friands. Et puis, pour terminer la “signature”, on enchaîne avec un couplet beaucoup plus chantant, polissé. Vient ensuite The Champ, avec -pourquoi pas- une intro piano/voix, doublée ensuite par des violons. Mais c’est le riff qui suit, mené par la basse et la batterie, qui est une bonne petite claque, avec des choeurs à la Queen. Des choeurs comme ça, on en retrouve un peu partout sur le reste de l’album.

Cet album est aussi énergique, original et varié qu’un S.C.I.E.N.C.E. d’Incubus -c’est dire si c’est bon!-, la voix peut y faire penser aussi, par moments. Cet album est également épique comme un Muse de la bonne époque (avant qu’ils ne se prennent pour les maîtres de tous les univers).

C’est aussi un peu un paradoxe, cet album. D’un côté, il y a un son qui, à chaque album, devient de plus en plus “clean” et même une tentative (assez réussie, allez) de popisation sur Instant History, où on a du son très électro qu’aurait pu sortir un Linkin Park ou un Imagine Dragons (mais ils sont pas trop à l’aise avec ça, alors ils en parlent dans les paroles: “This is the sound that we make!”, comme pour s’excuser un peu). D’un autre côté, on se prend quand même des mesures composites (ça passera pas sur NRJ ou Pure FM quoi), voire du gros beuglage (“Scream everybody!”, sur Cop Syrup entre autres).

A écouter de toute urgence.

 

 

Black Veil Brides – Re-Stitch These Wounds

Re-Stitch These Wounds, c’est en fait un réenregistrement du premier album de Black Veil Brides (BVB pour les intimes): We Stitch These Wounds, à l’occasion du 10è anniversaire de cet album. On parle bien d’un réenregistrement, pas d’une simple réédition. La raison de ce réenregistrement, d’après le groupe, c’est que le produit actuel représente mieux ce qu’ils essayaient de faire à l’époque. Andy Biersack (ça ne s’invente pas), le chanteur du groupe, explique aussi qu’ils ont appris énormément en 10 ans, concernant leur jeu musical mais aussi la production en général. Avec les moyens financiers dont ils disposent maintenant, c’était aussi plus simple d’atteindre leur vision initiale. Pas de chance pour la batteuse de l’époque (Sandra Alvarenga), qui au passage disparaît plus ou moins de leur discographie.

En quoi les deux versions sont différentes? Principalement, il y a dans la nouvelle version des orchestrations symphoniques qui n’étaient pas là sur la première version, des solos de guitares plus long, ainsi que quelques réarrangements. Au passage, le son, dans son ensemble, est nettement plus “loud”.

Si vous faites un tour du côté BVB, alors allez aussi écouter leur album précédent: Vale, qui pour moi est un cran au-dessus. Tout comme F8 de Five Finger Death Punch, dont on parle ci-dessous, il aurait été idéal pour les festivals de l’été. D’ailleurs, ils écrivent certainement leur musique spécifiquement dans cet esprit-là, dans ce but-là, comme en témoignent les passages “comme si le public chantait avec” qui sont présent dans cet album studio.

 

 

 

Fatima – Turkish Delights

Breaking news: Kurt Cobain n’est pas mort ! Il a juste pris de longues vacances à Palm Desert, où il s’est mis au stoner rock. Il a ensuite fait de la chirurgie plastique, changé de nom et de nationalité, pour nous revenir au sein du groupe français Fatima. Groupe qui vient de sortir son second album (depuis sa formation en 2012): Turkish Delights. Contre toute attente, aucune origine orientale dans les membres du groupe. Aucune revendication religieuse non plus. Simplement, ce trio français aime glisser des notes orientalisantes dans sa musique. On entend d’ailleurs aussi un oud sur certaines chansons (par exemple sur la fin de Gooey Syrup).

La référence à Kurt ci-dessus vient du fait que le chanteur, tant mieux ou tant pis pour lui, a une voix qui ressemble – parfois à s’y méprendre – à celle de Nirvana. Il le sait, il a appris à s’en foutre, c’est comme ça qu’il chante, point. Maintenant, bon, certaines sonorités de guitare ou de charleston par exemple, sont aussi très très proches de certains titres de nirvana, surtout période Bleach, ce qui n’aide pas à faire abstraction de la référence. Et, remettons en une couche, l’intro de la piste Rub The Lamp sonne très fort comme l’intro du titre Love Buzz du groupe de Seattle. C’était d’ailleurs le tout premier single de Nirvana en 1988 (intégré ensuite sur l’album Bleach en 1989). Mais ici, c’est une version qui aurait été recomposée, enregistrée et produite par Kyuss, en quelque sorte. C’est pas une reprise note pour note, non, mais c’est soit une forte inspiration soit un hommage, soit une pure coïncidence. Mais bon, soyons de bons comptes, Love Buzz, c’est au départ une chanson du groupe Shocking Blue en 1969 (dont le clip est assez étrange/osé pour l’époque, by the way). Elle a été reprise par Nirvana, mais aussi samplée par The Prodigy sur le titre Phoenix (album Always Outnumbered, Never Outgunned en 2004).

Parenthèse refermée. En résumé, cet album de 8 pistes, assez court (34 min), est des plus efficaces, une bonne claque, avec des sons volontairement assez sales. Le concept “Nirvana qui joue du Kyuss” résume bien ce que vous y entendrez, avec peut-être quelques accents de The Cure par endroits.

 

 

Fiona Apple – Fetch The Bolt Cutters

Quand vous n’avez pas sorti d’album depuis des années, que la parution de votre dernière mouture est prévue pour la fin de l’année, mais que vous êtes confinée et que vous vous appelez Fiona Apple, et bien, vous décidez sur un coup de tête de sortir l’album en digital des mois à l’avance, non sans avoir crayonné vous-même une pochette sur un coin de table, évidemment. C’est ce qui fait qu’on a déjà pu entendre l’album cet été.

Du pur Fiona Apple. L’ouverture de l’album sur I Want You To Love Me n’est pas très loin de là où elle nous avait laissés il y a déjà 8 ans avec le déjanté et très glauque “The Idler Wheel Is Wiser Than the Driver of the Screw and Whipping Cords Will Serve You More Than Ropes Will Ever Do” (sisi, c’est le nom complet du précédent album). Mais ensuite on passe la seconde, “Shameika”, et voilà une bonne grosse claque, rythmiquement et sur le plan de l’interprétation. Pareil sur la suivante, la plage titulaire Fetch the Bolt Cutters. A partir de celle-là, et pour le reste de l’album, on trouve un tas de sons très différents. Des percussions de cuisine (littéralement), du vibraphone, un chien (si si) et puis des couches et des boucles de dentelles de voix typiquement Appleiennes. Elle est capable sur ce plan-là de faire tantôt du très délicat, tantôt du très puissant, ce qui n’est pas sans rappeler dans la sphère francophone une certaine Camille. Les chansons Relay et For Her auraient aussi bien pu être des featurings des non moins décallés tUnE yArDs. Heavy Balloon est un peu plus classique dans la production, mais encore un bon coup de poing.

Et puis, ça va sans dire: n’écoutez pas ce petit bijou si vous avez tendance à la déprime. Sauf si vous aimez ça, évidemment.

 

Five Finger Death Punch – F8

Et voici sorti à la fin de l’hiver dernier une flamboyante galette de 16 pistes de FFDP, taillée pour les grands festoches de metal … qui ont tous été annulés, on ne le pleurera jamais assez. C’est leur huitième album. De ce que j’en connais (j’ai pris le train en marche avec les deux trois albums précédents), on ne peut pas dire que ce soit une révolution pour eux, mais c’est fichtrement efficace, et bigrement bien fichu. C’est le premier album avec leur nouveau batteur, Charlie Engen, qui succède à Jeremy Spencer, un des membres fondateurs… qui est officier de police réserviste, et qui entre temps a lancé la série Lady Killer TV, dont le casting est en bonne partie issu de l’industrie porno. Allez concilier tout ça…

Bref, parenthèse refermée, cet album est vraiment pensé pour les grands rassemblements métal: on a des intros un peu théâtrales, des montées guitare-héroïques, des breakdowns distillant des pulsions de moshpits cordialement brutaux, et on alterne sur le plan vocal, comme il se doit, des envolées lyriques et du gros criage basico-efficace. Ajoutez à ça une double grosse caisse bien slicée (qui a dit “pas vraiment naturelle”?), et puis des touches de prod électro pour faire moderne (avec succès), et bien vous avez F8. Pour moi un des gros succès de métal pêchu, positif, efficace, moderne de 2020. Dommage qu’on ait pas pu tout donner dessus en live.

Vous faire une idée du descriptif ci-dessus? Vous aussi vous voulez pousser les canapés du salon et organiser une bataille de coussins avec votre bulle de 5 pour vous défouler et tout défoncer? N’avez qu’à foutre la piste “Full Circle” à fond (“This is not a test!”). Mais il y en a plein d’autres qui sont terribles aussi. Puis vous regarderez tous, en un silence complice, le coucher de soleil munis d’une antépénultième bière en écoutant “Brighter Side of Grey”, avant de regagner la tente igloo que vous n’aurez pas manqué de monter dans le fond du jardin, pour faire comme si …

 

Fontaines D.C. – A Hero’s Death

C’est le second album de ce groupe Irlandais, dont la renommée monte du côté de Dublin. Pour conjurer le sort du fameux “second album”, celui dont tout le monde attend qu’il soit meilleur que le premier, tout en espérant qu’il soit fidèle au premier, celui sur lequel tant de “nouveaux” artistes se sont cassés les dents, le groupe a imaginé de construire l’album autour du thème de la mort d’un héro, pour tourner le truc en dérision. Ca marche!

Qu’est-ce que ça dit sur le plan musical? On a là une formation rock classique (batterie, basse, guitares, voix). Sur plusieurs pistes, comme Love is The Main Thing ou Televised Mind, mais en fait un peu partout, il mettent en place des boucles assez hypnotiques. Pas avec des loop-stations, non, “à la main”, via des riffs assez répétitifs à la basse/batterie, avec des petites variations. On est “pris”. Même sur des titres au tempo nettement plus enlevé, comme Lucid Dream, on retrouve des ambiances planantes, et malgré ça, il y a beaucoup d’énergie et une tension palpable. A épingler: la performance vocale pour les harmonies du titre Sunny. La production de l’album est bonne, sans en faire des tonnes. Il y a un côté moderne mais authentique dans le son. Et en bonus: un accent bien du cru, très appréciable!

Plutôt que de vous mettre le lien Spotify, que finalement vous trouverez bien vous-mêmes, je vous met pour changer le clip de la plage titre “A Hero’s Death”, qui met en scène Aidan Gillen, quand même (Lord Baelish de Game of Thrones), un de leur compatriote, qui en plus est un de leur fans. Même dans l’aspect visuel, on retrouve le côté loop évoqué ci-dessus: le personnage principal étant condamné à revivre encore et encore la même scène… à quelques variations près.

 

Gojira – Another World

Les Metal Frenchies nous avaient gâtés en sortant l’album Magma en 2016 (wouais, je vous en avais parlé à l’époque), nominé depuis aux grammy awards 2017, rien que ça. C’est sur cet album enregistré aux states qu’ils étaient réellement parvenus à s’affranchir d’un growling grossier et excessif (to me) qu’on pouvait entendre par exemple sur leur album précédent (L’enfant sauvage) pour obtenir une voix vraiment juste “comme il faut” pour leur style. En restant chez Roadrunner records, label aussi connu pour être ou avoir été celui de Machine Head, de Sepultura, de Megadeth ou même de Spliknot, ils reprennent apparemment plus ou moins le même genre de production, et sortent ce mois-ci le single Another World, avec clip associé, ingénieureux-astrophysico-cinéphile, inspiré de la planète des singes, à voir ci-dessous en guise d’apéritif pour leur album titré Another World (également). La date de sortie de l’album est encore inconnue. On ne peut juger que sur une seule pièce, mais c’est vraiment très prometteur: on retrouve l’ambiance plombée de Magma, mais avec des riffs et solos de guitares un rien plus enjoués voire lyriques. On plusoie, c’est enthousiasmant !

 

JARV IS – Beyond The Pale

Beyond the Pale n’est pas tout à fait un album, solo de Jarvis Cocker, il y a un vrai groupe derrière le projet JARV IS, mais c’est bien de Jarvis Cocker qu’il s’agit principalement. Jarvis Cocker, formerly le chanteur d’un des plus grands groupes british de son époque: Pulp, avec lequel il avait commis les tubes “Common People” et “Disco 2000” (1995). Vous ne vous souvenez pas? Allez, on y replonge:

Mais revenons à nos britons-moutons. Après Pulp, ça a été un peu la traversée du désert pour Jarvis Cocker. Jusqu’à maintenant. JARV IS – Beyond the pale. De quoi s’agit-il? C’est pas vraiment du rock, c’est pas complètement de la pop non plus. Le groupe lui-même qualifie cet album plutôt de dance-music, même si wikipedia dit que c’est du rock. Allez, va pour la dance (pas mal de loops électroniques), sur fond de culture rock. Ce serait réducteur de ranger ça dans un seul genre, vu la diversité des ambiances. Les morceaux de l’album ont été beaucoup joués en live, ont évolué, avant d’être cristallisés en album. Certains passages viennent même d’enregistrements live. Ca ne s’entend pas, mais ça donne un esprit différent aux morceaux, d’après Cocker. La plupart des morceaux sont des crescendos de 5 à 7 minutes. Si vous ne deviez en écouter qu’une, optez pour Children Of The Echo.

La voix de Jarvis Cocker est descendue de quelques tons depuis l’époque Pulp. Si bien que certains passages (intro de Save the Whale, passages parlés sur Must I Evolve?, notamment) rappellent un peu Leonard Cohen.

Welcome back, Jarvis !

 

Jehnny Beth – TO LOVE IS TO LIVE

En voilà un OVNI musical. La française Jehnny Beth (bien que son acte de naissance datant de 1984 indique “Camille Berthomier”) sort sont premier album solo, mais c’est loin d’être une novice. Petit format, physiquement, avec un quelque chose de Nathalie Portman, elle chante dans The Savages depuis 2011, et elle a collaboré avec des pointures: Gorillaz, Trentemoller, Julian Casablancas – écoutez au passage leur duo bien barré sur le titre Boy/Girl:

Mais elle présente aussi des émissions de radio pointues et est également actrice. Bref, une vraie artiste. Comme elle le dit elle même, Jehnny fait d’abord de la musique pour d’autres artistes. Comprenez: elle ne cherche pas un succès de masse. C’est pourtant ce qu’elle est en train de rencontrer avec son premier album TO LOVE IS TO LIVE. Niveau sens des paroles, on est sur une réflexion sur la sexualité, la sienne, qu’elle envisage manifestement très large (We will sin together, I’m the man, the rooms, …). Tout reflète les expérimentations évoquées: la voix -toujours habitée- qui est tantôt naturellement féminine, tantôt travestie quelques octaves en dessous; la musique, qui mixe allègrement des instruments acoustiques ou du moins sortis des canons du rock avec de l’électro bien prononcé ou des cordes d’orchestre classiques. Dans cette musique comme dans ses expérimentations, il ne semble pas y avoir de limites. Au passage “I’m the man” est reprise sur la BO de Peaky Blinders, pour les aficionados d’une grande marque de vidéo à la demande (m’enfin, on n’avait dit …). Passez les titre “Heroine” et “I’m the man” pour vous faire une bonne idée de l’album, … et passez-les à fond pour voir si votre chaine HiFi tient la route 😉 !

 

 

King Gizzard & the Lizard Wizard  – Un peu de tout … 

Les Australiens nous ont habitué à un rythme de sortie de nouveau matériel complètement effréné, jusqu’à 4 albums par an. Cette année, ils ont sorti une série de live. Dont un … enregistré à l’Ancienne Belgique, adéquatement intitulé “Live in Brussels”.

La plupart des lives sortis cette année ont d’abord visé de récolter des fonds pour lutter contre les terribles incendies en Australie.

Et puis, panne de concerts et confinement obligent, ils ont récemment sorti deux singles, annonçant un prochain album (enfin… “un” … on suppose, mais peut-être plusieurs, connaissant les animaux). Et pour l’occasion, il semblerait qu’ils aient ressorti leur guitare microtonale (comme sur leur excellent album Microtonal Flying Banana).

Le premier single s’appelle “Honey”. C’est un morceau très cool pour profiter d’un bel été ensoleillé.

Le dernier single n’a que quelques jours et s’appelle “Some of Us”.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce groupe, c’est vraiment vraiment un ovni: ils savent tout jouer. Et il vous font aussi bien (dans le sens “aussi bon”) des albums de gentil rock psychédélique comme sur Fishing For Fishies que des albums de thrash metal comme avec Infest The Rat’s Nest.

 

Lamb of God – Lamb of God

Aaaah, je suis super partagé concernant cet album. Bon sang pourquoi faire un album tellement réussi musicalement, … pour venir n’y mettre quasiment que du growling en guise d’habillage vocal !! Bon il en faut pour tous les goûts, et les afficionados de ce genre de voix, du coup, devraient considérer cet album comme un des meilleurs albums du monde. Moi je trouve que ça le gâche un peu. Mais si on fait abstraction de ça (ha, rien que ça), alors, oui, c’est vraiment une bombe cet album. Quel talent ces musiciens. Il y a beaucoup de virtuosité dans cet album, mais rien de gratuit. En plus, le son est un brin plus authentique que les récentes productions de Black Veil Brides ou Five Finger Death Punch dont je vous parle dans cette même chronique, ce qui n’est pas mal. On entend même le décompte du batteur Chris Adler avec ses baguettes sur certaines tracks; Chris Adler qui n’a pas comme seul mérite d’acheter (ou de recevoir dans son cas?) ses fûts chez le même fabricant que moi: c’est une vraie bête! Mais ils sont tous bons. Globalement, c’est une digne descendance d’un Pantera ou d’un Slayer, par certains aspects. Les grattes sur Poison Dream auraient pu être jouées par Kerry King himself.

L’album s’ouvre de façon canonique du genre: une chanson avec un titre en latin, une intro un peu sombre / gothique, avec une voix d’outre tombe, et puis boum, ça explose. Et by the way on se prend le growling à partir d’ici et presque jusqu’à la fin de l’album. Sur ce plan-là, les choses deviennent nettement plus intéressantes sur les trois dernières tracks. Bloodshot Eyes est sans doute la meilleure piste de l’album (et vraiment vraiment bien tout court, d’ailleurs, même hors du champ Lamb of God). D’abord elle est plus catchy que d’autres sur l’album, mais aussi, les voix sont incomparablement plus variées. Alors bon les gars, si vous savez le faire, pourquoi pas répéter l’expérience plus souvent? Suit On The Hook, une piste superchargée, un peu genre “F*king Hostile” de Pantera. Là ça re-growl, mais vu la musique qui va avec, là, pas de discussion, c’est bien ce qu’il fallait. Et puis on termine avec Ghost Shaped People (Bonus Track). Sur celle-là (qui est vraiment épique!) les voix sont doublées, triplées, ce qui rend le son de la voix nettement plus digeste.

Je me rend compte que je fais une petite fixette sur la voix, mais c’est tellement dommage vu la qualité du reste. C’est clairement un album à avoir dans son répertoire, mais mettez vos femmes et enfants à l’abri avant de monter le son et de pousser sur play.

 

Margo Price – That’s How Rumors Get Started

Petit détour par la country / le folk. J’avais évoqué Margo Price dans ma chronique de 2016 pour son album Midwest Farmer’s Daughter. J’avais vraiment bien aimé (disclaimer: c’est pas du rock, c’était de la vraie country, mais accessible pour quelqu’un qui n’en écoute quasi jamais). Ce disque était excellent, parce que ça transpirait l’authenticité sur le plan musical, sur le plan du vécu, et les paroles étaient très second degré, tout en étant bien chargées de sales histoires (manifestement toutes trop vécues par celle qui les prononçait). Je lis dans la presse un flot d’encensement pour ce nouvel album, car il serait soi-disant mieux produit, basculant de la country vers la pop-folk, etc. Elle s’est défaite de son ancien groupe, qui l’avait accompagnée sur ses deux premiers albums studio et en tournée, pour bosser avec des musiciens de studio de renom. Et bien moi, ça m’évoque le même travers qu’une Sharon Van Etten, qui vous sortait une excellentissime album folk “Are we there”, et qui une fois le succès rencontré, vire à la pop insipide (je suis un peu dur, mais à peine).

Concernant cet album, j’ai failli ne pas l’écouter en entier, tellement la première chanson, du même titre que l’album, est rebutante: clavier de supermarché, congas de musicien de restaurant de station balnéaire, … Et c’est pitoyable, parce que la voix reste super.  Heureusement ça s’améliore ensuite. En particulier la troisième piste “Twinkle Twinkle” est très bien. Ca sonne très (trop?) fort comme Tennessee Song, une des chansons de son premier album, mais sur laquelle Jack White serait venu faire la gratte. D’ailleurs, c’est un comble: son label sur les deux premiers albums, c’était bien Third Man Records, le label de Jack White (qui l’adore) mais il aura fallu attendre qu’elle en change, donc, pour qu’on retrouve ce genre de guitare. Sur certaines pistes de l’album, on voit qu’elle cherche des nouvelles voies pour faire progresser sa musique. “Heartless Mind” est plus rock. “What happened to our love” aurait pu figurer sur The pros and cons of hitch-hiking de Roger Waters. Globalement, c’est un album très hétéroclite, sans doute un tournant avant autre chose. Il y a du bon et du mauvais.

 

Marilyn Manson – We Are Chaos

Encore un single qui porte le nom de son album qui va sortir: Marilyn sort “We Are Chaos” il y a quelques semaines. L’album quant à lui sortira le 11 Septembre – bah oui quelle autre date aurait été appropriée? De nouveau, on ne peut juger que sur une seule pièce, mais on peut déjà en dire ce qui suit.

Le clip: il est très basique, tourné volontairement en mode “confinement”, c’est-à-dire qu’il utilise 2-3 boucles vidéos très simples issues de photos de Marilyn Manson, passées à la moulinette de la production vidéo pour en faire une séquence sanglante et un peu dérangeante. Aucun plan de groupe, aucun plan extérieur. Rien de grandiose, mais rien non plus qui puisse nuire à l’aura du personnage.

Sur la musique, on peut noter que c’est quand même bien chantant pour du Manson, peut-être même plus que d’habitude. Et même si le sens des paroles est assez déprimant (“We are sick, fucked up and complicated, We are chaos, we can’t be cured“), la mélodie est assez entrainante, se retient facilement, et pourrait aisément être entonnée par un stade entier, ou -sait-on jamais- quelques dizaines de milliers de manifestants demandant un changement de régime… ou autant de solitaires isolés se résignant individuellement à leur sort. Il traine au fond, derrière la couche de rock industriel sale, un piano classique, propre, qui rend le tout assez brillant, et un kick sur tous les temps qu’on met d’habitude plus comme base d’une chanson pop. Mais il y a aussi dans ce morceaux un coté squelette-en-chef qui harangue les foules, que n’aurait pas dénigré un My Chemical Romance sur l’album The Black Parade. Bref, finalement, plus subtil qu’il ne pourrait y paraître au premier abord. Comme souvent, chez Manson. Curieux de voir ce que réserve le reste de l’album.

 

Nine Inch Nails – Ghosts V: Together et Ghosts VI: Locusts

Soyons brefs: je mentionne ces deux albums ici parce que chaque fois qu’un nouvel album de NIN est annoncé, on espère, on s’agite, vont-ils refaire un truc d’enfer??, … mais la plupart des expériences récentes montrent que non. Ici, on a deux albums de musique d’ambiance. C’est tout. Franchement, et je ne le dis pas de façon péjorative, si vous cherchez un truc pour vous endormir, ou pour mettre un son sur des vidéos que vous auriez bricolé, il y a matière. Mais ne cherchez pas là-dedans quoi que ce soit qui rappellerait le rock industriel des heures de gloire de NIN.

 

Pretenders – Hate for sale

Ils sont de retour, les Pretenders, que le grand public connaît surtout pour “I’ll stand by you”. Tube planétaire que la chanteuse, Chrissie Hynde, regrette avoir écrit, mais que Noel Gallagher, lui, aurait bien voulu écrire. Bon “ils” sont de retour, … en tous cas, Chrissie Hynde, est de retour. C’est elle, la cheville ouvrière du groupe, et d’ailleurs la seule “survivante” du groupe initial. Ca s’entend sur le mix de l’album : sa voix -excellente du reste- est fort en avant par rapport aux autres musiciens. Mais on peut lui pardonner: quand on perd les 2/3 de ses acolytes musiciens d’overdose en quelques jours d’intervalle, on se remet comme on peut. La drogue est d’ailleurs un thème qui revient sur l’album (comme sur The Buzz, qui commence comme ça “It’s a drug like any other opiated, sugar-coated, … “). L’album comporte une base rock & roll et punk (Hate for Sale, I Didn’t Know When to Stop, Junkie Walk, Didn’t Want To Be This Lonely), mais est quand même varié: intro raggae sur Lightning Man, très belle balade sur You Can’t Hurt a Fool (n’essaie même pas), ou Crying in public … Bref, le dernier Pretenders, c’est en fait surtout un album d’une ex-punkette de très grand talent, comme une Joann Jett qui n’aurait pas perdu ses balls.

 

Protomartyr – Ultimate Success Today

Detroit, USA, ville plusieurs fois ruinée. Ambiance d’abandon, la dèche. C’est dans ces conditions que les Protomartyr créent leur musique depuis quelques années maintenant. Un magazine musical titrait à propos de ce dernier album “Prolo à la bouche”, jeu de mot un peu potache pour souligner le milieu social de ce groupe, tout en indiquant la qualité de leur travail. Comme le dit leur chanteur à propos de cet album: “chaque fois, je me dis que le prochain album sera plus joyeux, … et puis en fait non“. Un rock qui grince, qui racle, dont la partie vocale est à mi chemin entre The Streets (pas pour le phrasé mais pour les intonations) et Damon Albarn, mais en plus aboyé, qui ne cherche pas du tout à caresser l’auditeur dans le sens du poil. Pour changer un peu leur sonorité, mais sans verser dans le classique “pour-notre-Xième-album-de-rock-on-a-décidé-d’ajouter-des-keyboards”, le groupe a intégré des instruments à vents (sax, clarinette, flûtes, …). Le résultat est intéressant! Niveau texture sonore (et seulement ça), ces passages évoquent parfois un peu “L’Europe” de Noir Désir, ou, toute proportion gardée, certains passages de National Anthem de Radiohead. L’album vaut le détour, mais manque peut-être juste d’un ou deux titres qui explosent vraiment, un peu plus up tempo, parce que là oui, l’intention initiale est tout à fait réussie: c’est très pesant!

 

Rufus Wainwright – Unfollow The Rules

Back to basics. Sur cet album comme sur les précédents, on a droit à des arrangements très travaillés, mais contrairement aux précédents, on sent bien plus facilement ici que chaque chanson pourrait tout aussi bien sonner en simple guitare/voix ou piano/voix (c’est d’ailleurs comme ça que Wainwright les crée toutes, au départ). Et quelle voix!

C’est comme d’hab, magnifiquement bien fait, tant dans la composition que l’exécution que la production. Il y a peut-être quelques moments un peu plus faiblards sur l’album, mais il y a malgré tout des perles, comme Peaceful Afternoon, You Ain’t Big, Devils and Angels, … . Ok, je sais, c’est pas très rock tout ça, mais ça vaut l’écoute quand même.

 

Seasick Steve – Love & Peace

Il est loin le temps où Seasick Steve (Steven Gene Wold, à la ville) passait pour un ex-clochard miraculeusement sorti du caniveau par John Paul Jones – histoire en fait pas coooomplètement vraie. Mais soit, outre la légende, ça reste un excellent bluesman, qui fait feu de tout bois (et surtout de tout instrument bricolé). Il nous revient avec son huitième album, Love & Peace, qui, s’il n’est pas son meilleur album, est quand même vraiment vraiment bien. Il a une voix toujours aussi dingue, le son est beau, avec juste la bonne couche de grain un peu sale pour ce blues-rock qui, lui, est tout-à-fait authentique. La plage d’ouverture, plutôt uptempo, est excellente, straight to the point. L’album comporte aussi plusieurs très bonnes balades / chansons de coin de feu (Church of Me, et Mercy, entre autres).

 

The Strokes – The New Abnormal

Sept ans après leur dernier album, on ne peut pas dire que les Strokes nous prennent par surprise. La plage d’intro de ce nouvel album, The Adults Are Talking est une variation à peine déguisée de leur tube Reptilia (de 16 ans son ainée). Bon à part cet “hommage à eux-mêmes”, hum, on n’a pas à se plaindre: c’est très agréable à écouter. Ca joue “in the pocket” comme on dit dans le jargon, c’est tendu, précis, mais les sons sont chauds à l’oreille. Du vrai Strokes quoi. En seconde track, Selfless, une gentille balade. Puis Brooklin Bridge Chorus, de nouveau, du pur Strokes. Viens ensuite la plus catchy Bad Decisions (Beware, ne dites pas que je ne vous aurai pas prévenus: l’écouter une fois c’est l’avoir en tête toute la journée… I’making bad decisiooooons, …). Eternal Summer ensuite est une des plus intéressantes de l’album. La guitare aurait pu être issue d’un ancien album de Foals. Le reste est plus taillé pour la radio, un reste d’influence de l’expérience Daft Punk? Les couplets plus criards viennent remettre l’église au milieu du village. Le reste de l’album est tout aussi réjouissant… sur le plan musical. Parce que niveau mood, ça se termine sur Ode To The Mets, qui est bien bien dégoulinante de tristesse. Il y a tout un débat pour savoir de quoi parle la chanson, écrite lors d’un retour d’une défaite des New York Mets (dont Casablancas est archi-fan). Mais la chanson ne parle clairement pas de ça, et Casablancas l’a d’ailleurs démenti. Ca pourrait bien parler de met(hamphétamine), mais je ne suis pas spécialiste (ni de la langue anglaise à ce point-là, ni de chimie). Avec une petite blague au milieu de la chanson, Casablancas rappelant à son batteur Fabrizio Moretti de commencer à jouer (“drums, please, Fab?”). Et la batterie de démarrer un peu à la bourre…

Un album qui, au fond, est un bon résumé de ce que les Strokes peuvent faire de bien (si on met à part Juice Box, sur leur album First Impressions of Earth, qui pour moi est leur meilleure track, mais les gouts et les couleurs, …). En même temps, produit par Rick Rubin, ça n’allait pas être mauvais 🙂 Ca manque peut-être juste d’une ou deux chansons plus up-tempo pour être parfait.

 

The White Buffalo – On The Widow’s Walk

Amérique profonde. Le fantôme de Tom Joad a perdu son harmonica, a passé la soirée avec Springsteen, Eddie Vedder et Michael Stipe autour de quelques pintes, et ont enregistré un disque. Ca donnerait plus ou moins ce magnifique album. The White Buffalo, aka Jake Smith, nous livre ce petit bijou en pleine pandémie. Il est plus coutumier de la folk pure et dure sur ses 5 albums précédents, or ici on s’aventure clairement plus dans le folk-rock. La deuxième piste, The Drifter, est vraiment magnifique, et la voix évoque Eddie Vedder, mais avec des kilomètres de tissu vocal en bonus. Cursive est du même calibre, et évoque le confinement:

I hope the day don’t come (…) When we don’t look each other in the eyes (…)
And I hope the day don’t come (…) When we don’t kiss each other goodbye
I think I’ll die

Plus loin sur l’album, on a deux pistes, “River of Love and Loss” et “The Rapture” qui ne sont pas sans évoquer le meilleur de 16 Horspower (comme sur Le Partisan) et les passages les plus sombres de “Veuillez rendre l’âme (à qui elle appartient)” de Noir Désir. The Rapture a un petit côté B.O. de True Detective, aussi (saison 1, of course).

Il y a aussi comme je le disais des incursions plus folk-rock voir rock’n’roll tout court, comme avec No History, Faster Than Fire.

Un album qu’il faut avoir écouté au moins une fois.

 

This is the end

Voilà, j’espère que ça vous aura plu. Comme dit en intro: n’hésitez pas à donner du feedback ou des suggestions.

Outre l’album de Willie Nelson cité en intro (à propos duquel j’ajouterais simplement que la dernière piste, Yesterday When I Was Young, est une reprise de “Hier Encore” de feu Charles Aznavour), j’ai aussi écouté cet été d’autres albums que je n’ai pas inclus dans cette chronique. Si je ne l’ai pas fait, c’est soit parce que je n’ai pas eu suffisamment le temps de bien les écouter et de me renseigner sur leur auteur, comme le sublime “Island” de Owen Pallett, soit que c’est, comme pour Willie, un peu trop hors sujet, comme le dernier Lianne La Havas (qui porte son nom), qui, semble-t-il, fait de légères incursions vers le rock (mais à confirmer). A propos d’Owen Pallett, c’est lui qui a composé les arrangements des cordes pour les albums Funeral et Neon Bible d’Arcade Fire, pour lesquels il a aussi joué sur l’album The Suburbs. Il a aussi composé toute l’orchestration du premier album de The Last Shadow Puppets. Donc un musicien classique, qui aime la music rock contemporaine.

Il y a aussi des albums que je m’apprète à écouter, pour me faire une idée, comme l’album So When You Gonna… du trio féminin Dream Wife, ou encore le déjà très acclamé Zeros de Declan McKenna, que le garçon dédie à David Bowie (et d’après la presse, il ne se serait même pas pris les pieds dans le tapis). J’écouterai aussi Metal, Meat & Bone de The Residents, un groupe masqué, actif depuis près de 50 ans dont les membres sont encore inconnus (on n’est pas certains que ce soient toujours les mêmes)! Seul Hardy Fox, décédé récemment, a admis juste avant sa mort avoir fait partie du groupe. Ils sortent ici un double album, le premier, un enregistrement de vieux blues qu’ils auraient retrouvé quelque part, enregistré par un certain Alvin Snow, et le second album, l’ensemble des reprises de cet album de blues, mais à leur sauce, très différentes de l’original. Vu l’historique du groupe, il est plus que probable qu’en fait, ce soient eux-mêmes qui aient aussi enregistré le premier album, et qu’Alvin Snow n’ai jamais existé. Musicalement je ne sais pas (encore) ce que ça vaut, mais l’art du teasing est maîtrisé !

Et enfin, voici une petite liste des sorties prochaines à garder à l’oeil (et à l’oreille), en plus de celles annoncées plus haut de Marilyn Manson et Gojira :

28 Aout: Metallica S&M #2

04 Septembre: Declan McKenna, Zeros.

05 Septembre: Lana Del Rey, Chemtrails over the country club

11 Septembre (encore!): Mastodon, Medium Rarities, un album Best Of, mais avec un single inédit:

02 Octobre: Corey Taylor (le chanteur se Slipknot, en solo), CMFT (le titre de l’album est le surnom de Corey Taylor: Corey Mother F*cking Taylor… simple).

Bonne lecture, bonne écoute!

Thib

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