Chronique musicale de l’été – Volume 8 (2018)

Hello Hello,

Le moment est venu pour ma traditionnelle chronique musicale de l’été.

Ce n’est ni exhaustif ni tout à fait partial, c’est donc une compilation de mes avis sur mes découvertes musicales plus ou moins récentes (post-été 2017 en tous cas). Nouveauté cette année, je vous mets directement les liens spotify, histoire de se faire une idée directement en lisant.

J’en profite, puisqu’on m’a lancé ce challenge sur FB, pour lister les 10 albums que j’emporterais sur cette bonne vieille île déserte (ce qui n’est pas strictement la même chose que mes 10 albums préférés, mais presque).

Allez hop, c’est parti, bonne lecture.

 

Arctic Monkeys – Tranquility Base Hotel & Casino

Autant le dire tout de suite: cet album aurait du être le troisième album des Last Shadow Puppets, pas d’Arctic Monkeys. C’est joli, très bien produit, mais “un peu” plat (hum) pour du Arctic Monkeys.

Birth of Joy – Hyper Focus

A l’instar des Français de 7 Weeks, les Néerlandais de Birth of Joy doivent sans doute participer à la compétition du plus mauvais manager de groupes pros. En effet, voilà un groupe avec un style hors du commun, une identité claire, de l’inspiration à revendre, du talent et de la technique largement au dessus de la moyenne, une pêche qui ne s’éteint pas au bout de 4 gros albums, et qui pourtant est difficile à trouver en torrent et surtout impossible à trouver en live dans des grandes salles ou des festivals. C’est très frustrant. Pour rappel, j’ai déjà parlé à de multiples reprises de ce groupe, qu’on décrit assez facilement et fidèlement en disant que c’est une version des Doors sous emphétamines et avec un son énoôOÔOôorme (et j’ajouterais avec de meilleurs musiciens). Ce nouvel album, Hyper Focus, est le mieux produit de tous leurs albums. La piste d’intro “Join the Game”, plante tout de suite le décors. Sur la piste éponyme “Hyper Focus”, le riff de la guitare suit la mélodie de la voix sur tout le couplet, et même si ça a l’air bateau, ce n’est pas évident à faire sonner (or c’est le cas ici). L’album est ponctué de quelques interludes (intitulés i, ii, et iii), tantôt trippants, tantôt angoissants. Sur le titre Sypdorkat, c’est comme si The Mars Volta s’était accouplé avec Carlos Santana. A écouter sans tarder.

Bertrand Cantat – Amor Fati

Le très polémique Bertrand nous a pondu ce qui sera sans doute son dernier album, puisqu’après sa tournée chaotique et houleuse, il a annoncé son retrait définitif de la scène (lors d’un concert apparemment mythique à l’AB, en notre bonne vieille capitale). On est assez loin du style Noir Désir. En fait on ne peut pas donner un style unique à cet album. La constante, c’est qu’on sent bien que tous les titres ont du, à la base, être des compositions voix/guitare accoustique, et puis que le tout est très habillé, dans des univers variés. Musicalement, ça va du Shaka Ponk (Chui Con) – groupe avec lequel Cantat a déjà collaboré, à Détroit (Amie Nuit), voire la B.O. des pièces de théatres “Choeurs” (trois pièces classiques des tragédies grecques – d’ailleurs aussi dispo sur Spotify) que Cantat avait co-composées et interprétées en live en France et en Belgique (sur des titres comme J’attendrai). Certains passages de Les Pluies Diluviennes font carrément Ennio Morricone. Quant à L’Angleterre ou le refrain de Aujourd’hui, la langue française mise à part, elles auraient tout aussi bien pu être du répertoire d’Oasis. Amor Fati c’est aussi un album où la basse est très présente, avec de belles lignes plus travaillées que du temps de Noir Désir. C’est normal: c’est Pascal Humbert (co-fondateur avec Cantat de Détroit) qui s’y prête. Humbert est aussi un des membres de 16 Horsepower, un des groupes ayant le plus influencé Bertrand Cantat (et pour lequel il a d’ailleurs lui-même prêté sa voix sur plusieurs titres). Au niveau des thèmes abordés, on est sur un mix de thèmes déjà présents du temps de noir désir (critiques politiques, économiques ou de dérives technologiques sur Silicon Valley, L’Angleterre, Chuis Con), de ressenti personnel (comme sur le seul album de Détroit, sur Amie Nuit), mais on trouve ici en plus quelques flèches décochées, plus aggresives, par Bertrand Cantat envers ses détracteurs (comme sur Amor Fati, … ), mais toujours avec une certaine dose de résignation. Après tout, “Amor Fati”, c’est l’amour de son destin tel qu’il est (concept de Nietzsche). Au final, c’est un album déroutant parce que très hétéroclite mais truffé de bijoux, qu’on aime ou qu’on n’aime pas le personnage.

Dave Matthews Band – Come Tomorrow

Tout juste sorti en juin dernier, Come Tomorrow est le 9ème album studio (+59 albums live: oui! 59!!). Déjà rien que cette stat – 9 albums studio et 59 albums live – fait de ce groupe un ovni. Que des virtuoses, à chaque instrument, mais surtout, surtout, une qualité de composition et un état d’esprit hors du commun. En gros, DMB, c’est de la bienveillance couchée sur partoche. Ou plutôt non: puisqu’il y a tant à faire de leur musique hors des partitions, comme en témoignent les variantes lives. Il suffit d’écouter la première piste de ce nouvel album au titre bizare de  “Samuraï Cop”. Mais ce titre est suivi, entre parenthèses, de “Oh Joy Begin”. Et c’est tout à fait ça. Que la joie commence. Bon, après près d’une dizaines d’albums, qu’apporter de neuf? Et bien ça fait maintenant quelques années qu’un des piliers du groupe, LeRoi Moore, majestueux saxophoniste (par la taille, la stature et le talent) est décédé. Il apportait vraiment beaucoup au groupe. Tellement qu’en live, il est maintenant souvent remplacé par non pas un mais deux musiciens. Mais il apportait aussi beaucoup aux compositions. Du coup, il faut trouver des alternatives. Sur cette album, la guitare électrique, qui est d’habitude assez discrète sur les albums précédents, crie des solos dès la première piste. D’ailleurs, sur cet album, Tim Reynolds, guitariste de génie qui tourne en duo avec Dave Matthews (sans le Band) depuis des années, est crédité dans les musiciens de l’albums (ce qui est assez rare dans l’histoire du groupe, malgré la proximité musicale et amicale de Dave et Tim). Virginia in the Rain et Again and Again sont des titres excellents, et qui pourtant sont très différents de ce que le groupe a pu faire auparavant. Bkdkdkdd est une courte blague de milieu d’album fort sympathique, mais qui rappelle, au besoin, que ce groupe est ultra-balaise rythmiquement (ils sont tous percussionnistes, au fond d’eux-mêmes). When I’m Weary termine l’album à la manière d’une berceuse. Pourquoi on aime DMB? Comme ils le disent sur la seconde piste de l’album: “Cause I can’t stop!”.

Kadavar – Rough Times

J’ai découvert Kadavar lors du Graspop Metal Meeting 2018.

Petite parenthèse: c’était ma première participation au GMM, et j’ai trouvé ça génial (en plus, j’étais accompagné d’une chique bande de potes). Les concerts s’enchainent plus que dans d’autres festivals, il y a plus de scènes, on y trouve du mainstream (Guns, Maiden, Megadeth, Manson, …) mais aussi des découvertes / des groupes plus pointus (Neurosis – les pères spirituels de Mastodon, mais sous Xanax, Bloodbath “and now, here is a song about eating human flesh!”, …), le tout dans une ambiance très sympa, marrante, respectueuse, je dirais presque familiale (si les enfants ont plus de 16 ans :-)). D’ailleurs, pour donner une vague idée, voici l’after-movie du festival:

Bref, fin de parenthèse: Kadavar c’est un trio guitare-basse-batterie Allemand qui m’a couté une côte (5 semaines pour m’en remettre), et que je décrirais comme “Les black keys mais composé/joué par des morts-vivants”, avec un petit genre Royal Blood aussi, pour l’efficacité (sauf qu’ils sont actifs depuis plus longtemps que Royal Blood). Très puissant, efficace (ne cherchez pas trop de subtilités, même si c’est loin d’être balourd). En live, c’est sympa, le batteur est sur la même ligne de front que ses deux comparses, et non en retrait. Ils ont tous les trois de longues barbes et longs cheveux, avec de gros ventilos pour faire bouger le tout. Sur leur dernier album Rough Times, je recommande en particulier les titres Rough Times ou Die Baby Die pour se faire une idée. L’album se cloture par “A l’ombre du temps”, genre de poéise -in French- un peu dark qui n’a pas grand chose à voir avec le reste de l’album, mais qui montre que le groupe est plus subtil qu’il ne pourrait y paraître en première approche.

Jack White – Boarding House Beach

Jack White est un rockeur, guitariste, batteur, chanteur et producteur talentueux, mais très intello. Et plus les albums (solo) passent, et plus ça se ressent. Du coup, l’album est clairement truffé de prouesses sur le plan de la production (maitrise world-class de la reverb, du delay, de la spatialisation), du choix des sons (les timbres sont rugueux à souhait) et de l’imagination, mais l’album est un foutoir incroyable. Il y a de tout … et du n’importe quoi. Pas mal de titres de l’album sont quasi grotesques, en tous cas burlesques et sont pour la plupart des anti-tubes (Corporation, Abulia and Akrasia, Everything you’ve ever learned, Respect Commander, …). Malgré tout, l’album contient quelques bons titres (sur le plan simplement musical): Connected by love, Hypermisophoniac, What’s done is done, Humoresque, …

Jonathan Davis – Black Labyrinth

Autre superbe révélation du GMM 2018, Jonathan Davis, qui propose un album solo hors de son parcours avec Korn. Ca pourrait presque être du Korn, mais avec des inspirations “world music”. On dirait qu’il a refait le monde avec Robert Plant et ses Sensationnal Space Shifters. On y trouve des percus indiennes (Tablas), de la cithare, pas mal de sons électro, mais avec beaucoup de timbres (i.e. qui raclent bien). Et du coup très peu de guitare mais sans que ce soit dérangeant. Ca reste du metal. A la batterie, tant en studio qu’en live, on retrouve quand même Ray Lussier, le second batteur de Korn, qui est une bête tant techniquement que scéniquement. A propos de Korn, d’ailleurs, un nouvel album est en préparation, mais n’est pas annoncé avant mi-2019. Retournons à nos moutons: Black Labyrinth enchaine tracks péchues et calmes, mais mélodieuses dans les deux cas. Tout l’album est un tube intégral. Jusqu’ici, c’est sans doute la plus belle découverte de 2018 (je l’ai d’ailleurs ajouté à ma liste de mes 10 albums préférés). En particulier, les tracks Underneath My Skin, Everyone, Happiness, Your God, Walk on By, The Secret, What You Believe, What It Is sont à écouter absolument.

Machine Head – Catharsis

Je connais Machine Head depuis près de 25 ans. La bande à Rob Flynn est un vrai pilier du métal qui a longtemps été dans l’ombre de “The other big M band” – comprenez Metallica, qui vient de la même ville (Oakland). C’est un pilier parce qu’ils se renouvellent régulièrement et sont souvent en avance sur les autres groupes de métal. Très puissants dans leurs premiers albums “burn my eyes” et “the more things change”, n’hésitant pas à virer plus heavy et à intégrer du hip-hop sur certains passages vocaux avec les albums “the burning red” et “supercharger” sur lesquels la batterie est proéminente (elle était déjà balaise techniquement avant, mais ici c’est une histoire de prod), puis retournant à des albums plus guitar hero avec “the blackening” et et “unto the locust”. Ce nouvel album, sur ses premières pistes, pourrait paraître “classique” et ne pas offrir beaucoup de nouveauté, même si lesdites pistes sont très bonnes. Mais en fait ce n’est pas le cas, il y a plein de chouettes choses dessus. Le summum de l’audace, c’est d’avoir inclu la piste “Bastards”, qui est inclassable, comporte une espèce d’intro en mode balade, des nappes de clavier, puis qui vire quasi vers du dropkick murphy’s (sans la cornemuse). Il y a aussi une vraie balade (Behind a Mask). On retrouve aussi quelques tracks un peu plus lourdes (California Bleeding ou Triple Beam par exemple), ce qui fait du bien, je trouve, parce que la virtuosité guitaristique ne se suffit pas toujours à elle-même. Bref, encore un très bon album de Machine Head !

Melanie de Biasio – Lillies

La carolo d’origine se remet dans le droit chemin: Après avoir sorti le magistral “Blackened Cities” il y a 2 ans (une seule piste de 27 minutes), elle avait sorti une série de remixes électro – à mon sens de la daube, et ce n’est pas parce que je n’aime pas les sons électro (voir UNKLE et tUnE-YaRdS ci-dessous). Cette année, elle sort “Lillies”, qui est bien dans sa ligne: du jazz moderne qui tend vers le trip-hop. Cet album-ci est plus dans le style de son mythique “No Deal” de 2009, mais en un peu plus audacieux et moderne (même si No Deal reste une référence). Comme d’hab, c’est sans doute de la musique écrite et jouée sous influence. A écouter: Your freedom is the end of me, Let me love you, Brother, Afro Blue, et si vous êtes vous même sous influence, ajoutez And My Heart Goes On.

Autre parenthèse festivalière, j’ai eu l’occase de découvrir aussi Couleur Café cette année, où Mélanie de Biasie se produisait. Chouette festival, chouette ambiance, mais le parc de l’atomium même s’il est très beau, offre un espace assez restreint. Du coup, on entend les concerts des scènes voisines, et ça c’est gênant. Je ne parlerai pas trop de l’esprit faussement écolo du festival (qui a dit Bobo?) qui aliment ses scènes en électricité générée par … des groupes électrogènes, vive l’essence.

Mais soit, Mélanie de Biasio, donc, s’y produisait cette année. Sans doute programmée un peu trop tôt (vers 19:00) or à mon avis l’obscurité lui sied mieux. Mais quand même, quels musiciens! Ils sont 4 sur scène: Mélanie qui chante, joue de la flute traversière (enfin, joue, … malmène serait plus juste: elle arrive quasiment à en sortir de la disto), un gars qui gère le clavier/piano à mort et un gars qui crée des sons en live via les sons que les autres lui créent en live. Ces trois-là ont l’air plus ou moins absents ou à l’inverse complètement absorbés par ce qu’ils font. Et puis il y a un batteur monstrueux, qui tient toute la baraque. Très bien! J’adore quand on arrive à bricoler et inventer des sons en live, et jouer ce genre de musique en direct, et faire sonner le tout, c’est un vrai challenge (qu’ils relèvent haut la main).

Melody Gardot – Live in Europe

Melody Gardot est une chanteuse qui poursuit une belle carrière dans un univers Jazz / Latino. Elle sort cette année un live dont la production est à couper le souffle. Une captation comme ça en live, c’est rare. Mais ce qui est surtout bluffant, c’est la qualité du silence entre les sons. A la fin du premier titre, on est même saisis d’entendre applaudir le public (“Ah!? Tiens oui, c’est vrai, c’est un live”). Sur certains titres, les sons sont un peu plus audacieux/modernes. Par exemple sur le titre “The rain” -11 minutes- dont l’intro vire un peu au trip hop. La couverture de l’album est aussi une belle réussite. Elle explique: En fait, à 18 ans, elle a fait un accident grave (à vélo) et s’est retrouvée quasi paralysée. Elle a mis des années à remettre son corps en état. Pendant longtemps, elle a joué en chaise roulante sur scène, puis avec une canne, avant que tout ne soit remis en ordre. Heureuse de retrouver son corps complètement d’attaque, elle partage.

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Nine Inch Nails – Bad Witch

Trent Reznor sort de sa léthargie de ces dernières années pour remettre NIN sur les rails. Comme dans du bon NIN, cet album d’à peine 30 minutes grince méchamment, en tous cas sur les 4 premiers titres. Les 2 suivants, qui clôturent l’album, sont plus torturés et “calmes” (si on peut dire). Disons calmes-mais-très-tendus, d’ailleurs les titres parlent d’eux-mêmes: I’m Not from This World et Over and Out. Le tout est évidemment très industriel, et mixe rock et électro (et vrais sons de disqueuse?). A écouter si vous êtes fachés.

Shame – Songs of Praise

Extrêmement réjouissant ce premier album de Shame, un groupe basé à Brixton. Ils sont jeunes ces mecs-là, et encore bien fâchés. On sent des influences de blur, arctic monkeys (première époque), babyshambles, the strypes, le tout avec un f*cking accent cockney digne de The Streets. Ils disent eux-mêmes être inspirés par Irvine Welsh (Trainspotting…). A écouter en particulier: Concrete (dont le clip ci-dessous est sympa et comporte un twist de réalisation), One Rizla (qui va d’office évoquer du arctic monkeys et du pete doherty), et The Lick (trippante à souhait!). Oy, Oy, Oy!

The Kenneths – EX

L’ami Drew Wynen (Von Rixensart, Belgium), ex-Ayness (ex-Enroules, tant qu’on y est), et aussi membre fondateur de Gelato, rejoint deux membres des Kenneths (UK), le troisième membre ayant quitté le groupe. The Kenneths sortent en 2018 un EP titré EX. Par rapport à ce que Drew a pu faire par le passé, souvent très travaillé, très recherché, on est sur quelque chose de nettement plus “to-the-point”. C’est vraiment très efficace. L’ambiance punk-rock pourrait laisser penser à la première écoute qu’on est sur quelque chose de plus “basique”, mais il n’en est rien. Les riffs sont parfois très travaillés, surtout dans la rythmique, mais jamais au détriment de l’esprit insolent qui caractérise cet EP. Avec de la bonne humeur aussi, comme sur le refrain de “Favourite Ex”. L’univers du groupe est aussi très décalé, tout en restant dans une veine punk “je vous emmerde”. La preuve? Ce clip.

Les autocollants “Do not call this number” affichant un numéro de téléphone (leur manager peut-être?) sont du plus bel effet (issus de la pochette de l’EP).

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Cet EP est super bien accueilli à la fois par les critiques, mais aussi sur les plateformes de streaming (Spotify, iTunes, …). Good job Drew & co.!

The Smashing Pumpkins – Solara

Solara est le premier single qui annonce un album avec le line-up quasi original du groupe: Billy Corgan a retrouvé James Iha (occupé par ailleurs dans A Perfect Circle) et le maître Jimmy Chamberlain qui a bien voulu délaisser quelques temps le jazz où il excelle pour écraser quelques citrouilles. D’Arcy Wretzky (bassiste originale du groupe) est toujours en froid avec ces anciens camarades et ne rejoint pas cette reformation. Solara sonne comme du bon vieux Smashing des années 90. A mi-chemin entre le double album Melon Collie And The Infinite Sadness et Zeitgeist. On attend de voir la suite, mais c’est réjouissant. L’album entier est annoncé pour 2018 également. En attendant, le groupe s’est récemment fait viré par la police de l’appart’ qui avait servi à l’époque pour le tournage du clip de 1979 à Studio City (CA). Le groupe avait décidé d’y faire un concert improvisé, 400 personnes s’y sont retrouvées (les veinards) mais les voisins … se sont plaints du bruit à la police, qui a fait évacué les lieux. Franchement, quels voisins ignares 🙂

tUnE-YaRdS – I can feel you creep into my private life

Le duo déjanté de la chanteuse / compositrice / percusionniste / claviériste Merrill Garbus et du bassiste Nate Brenner nous sort un nouvel opus… très réussi! Ce groupe avait été mis en lumière notamment par Google Pixel, qui avait repris un titre de l’album précédent (The Water Fountain, sur l’album Nikki Nack) pour une de leur pub. Pour ceux qui ne connaissent pas, la musique de tUnE-YaRdS est ce qu’un de mes collègue et moi avons qualifié de “pop élitiste” (même pas peur des oxymores). C’est complètement barré, mais très bien réalisé, absolument pas simpliste, ni musicalement ni techniquement (heavy use de loops, de couches de percus et de bruitages). Sauf que cet album-ci est plus canalisé, et j’irais même jusqu’à dire plus taillé pour la radio. Notamment les titres Heart Attack et Coast to Coast qui ouvrent l’album.  Les tracks qui suivent (ABC 123 ou Colonizer notamment), sont complètement fidèles au passif du groupe.

UNKLE – Live From The Road Koko

UNKLE, c’est un collectif Anglais de producteurs. Pas de DJ, de producteurs. UNKLE c’est un groupe de chercheurs et inventeurs soniques. On ne sait plus ce qui est samplé, ce qui est accoustique, ce qui est synthétique – c’est souvent un mélange de tout ça. La constante, c’est que c’est beau, et qu’ils ont un goût certain avec un esprit assez rock sous-tendant le tout. On leur doit d’ailleurs un paquet de remix excellents de tracks de Queens Of The Stone Age (dont No One Knows, Burn The Witch, … Like Clockwork, I Appear Missing, I’m A Designer, etc.). Le label de UNKLE s’appelle Songs for the Def, tiens tiens. Autre lien avec les Queens: sur l’album “The Road: Part 1”, sorti en 2017, on retrouve Mark Lanegan à la voix sur ce qui est sans doute le titre le plus réussi de l’album (Waiting For The Rain). Par le passé, ils ont collaboré avec un paquet de pointures du rock (Thom Yorke, Mike D, Richard Ashcroft, Jason Newsted, Mike Shinoda, Nick Cave, …). L’album “Live From The Road Koko” est la capture live au Koko à Camden de la tournée qui a suivi la sortie de cet album, fin 2017. Pas énormément de choses à dire sur ce live, si ce n’est que d’une part, c’est sans doute toujours décevant d’entendre une captation live de sons si travaillés en studio (qui en pâtissent immanquablement), même si d’autre part, c’est apréciable de voir/d’entendre des orfèvres du son se plier à l’exercice de reproduire un travail assez électro en live qui soit significativement éloigné d’un pur “push on play” à la sauce DJ pour qu’on perçoive un l’effort d’un réel exercice live. En tous cas, moi, ça m’a surtout donné l’occasion de plonger dans le travail de ce collectif que je n’avais pas repéré jusqu’ici, et qui mérite qu’on s’y attarde.

Les Wallos

Et enfin, après tout ça, petite annonce opportuniste de bon aloy: Les Enroules seront en concert le 16/09/2018 à l’occasion des Fêtes de Wallonie à Namur, Quartier Saint-Loup, de 16:00 à 17:30. Nous serons en mode “tubes efficaces”, sans vidéo mais avec beaucoup d’énergie et d’envie de la partager. Au plaisir de vous y voir!

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