Chronique musicale de l’été – Volume 9 (2019)

Voici venu le temps de ma chronique annuelle. Les années précédentes, je vous passe en revue 10 à 20 albums, concerts et autres news musicales du moment. Well, well, … Comment dire… cette année j’ai été un peu pris par le temps.

Bon, si, allez, je peux vous pondre quelques mots sur une dizaine d’albums, sur mon Concert des Smashing Pumpkins en juin dernier, ou sur deux-trois groupes découverts en lisant un magazine ou l’autre cet été.

Mais pourquoi pas plus?

Et bien parce que d’abord mes vacances étaient un peu plus courtes que d’habitudes, mais surtout parce que je me suis plongé dans (attention ça pique) les Generative Adversarial Networks, une application particulière des Deep Neural Networks (une branche de l’intelligence artificielle), afin de faire de la génération automatisée de riffs de musique. Si ça vous dit d’en savoir plus à ce sujet, et si j’ai réussi, ça fera l’objet d’un autre post.

En attendant, let’s (talk about) rock (et autres) !

Voici donc ma réduite chronique. Elle est aussi un peu moins éclectique que les années précédentes. C’est par ordre alphabétique, et à chaque fois, je vous met un lien vers un titre à écouter/regarder.

 

The Annie Crooners – Moon Sugar.

Allez, voilà qu’on commence par une exception. Ceci n’est pas un album de 2019 mais bien de 2017. Mais je suis tombé dessus par hasard, et je trouvais ça intéressant même si pas parfait. L’album comporte vraiment de très bons riffs de guitare. Mais la section rythmique laisse à désirer. A moins que ce ne soit le producteur: si j’avais été lui, j’aurais forcé le batteur à jouer au click. C’est parfois très flottant. Mais certains titres de ces Australiens valent vraiment la peine, notament les deux derniers de l’album: Zaibeats (un instrumental trippant) et l’excellente “The Good Vein” (je vous laisse analyser les lyrics :-)), que voici:

 

Black Keys – “Let’s Rock”

J’avais beaucoup aimé le précédent album de ce duo (Turn Blue) que certains avaient qualifié  de “Dark Side of the Moon” des Black Keys, produit par l’ingénieux Danger Mouse. Il était tout en subtilité, tout en claviers, en nappes, en choeurs, bref très expérimental pour les Black Keys. Il aura fallu attendre 5 ans pour avoir la suite. Sans doute à cause des projets perso de Dan Auerbach (disque solo dont je vous parlais il y a deux ans et production de divers artistes, dont Lana Del Rey). Ce nouvel album est un retour aux sources avec en même temps beaucoup de maturité. Je l’ai trouvé très bon. Back to basics: tout tourne autour de la paire guitare/batterie, mais avec un peu d’habillage: basse et choeurs bien travaillés. Même si on atteint jamais l’énergie d’un “Gold on the ceiling” ou d’un “Lonely Boy”, on a quand même de chouettes chansons bien écrites et exécutées, comme  “Shine a Light”, “Lo/Hi”, “get yourself together”, “Under the gun”, ainsi qu’une belle série de balades.

A propos, anecdote, c’est marrant d’avoir un titre des black keys qui s’appelle “Shine a light” sur cet album, alors que les raconteurs sortent un album (voir ci-dessous) quasi en même temps, avec un titre appelé “shine a light on me”, sachant que l’artisan des raconteurs c’est Jack White, et que White et les Black Keys (concitoyens, du reste) ne peuvent pas se blairer 😉

 

Camélie Jordana – Lost

Français, Anglais, Arabe, un peu de tout sur cet album. Mais pas que du point de vue linguistique. Musicalement aussi, ça oscille entre des nappes vocales loopées dignes de Camille (“Dhaouw”, “Inch Allah”), des voix très douces, mais parfois aussi très rocailleuses (“Gangster”). Je ne connais pas grand-chose de Camélia Jordana à part un bon vieux “Non non non” ou “Calamity Jane” (bref, gentille chanson française rafraichissante), mais cet album est loin en tous cas de l’image que j’en avais. Intéressant.

 

Drugdealer – Raw Honey

Michael Collins (a.k.a. Drugdealer) est un gars hyper sensible, qui cherche à faire passer beaucoup de choses dans son soft rock. Son crédo c’est de raconter des histoires super tristes, mais emballées dans des chansons tellement jolies et “lisses” qu’on se dit en les écoutant que tout va bien. Il s’inspire clairement en cela des Beach Boys (le bon vieux torturé Brian Wilson). Bon, c’est réussi dans le sens où c’est joli, mais allez, disons que la tristesse n’est pas complètement dissimulée (euphémisme :-)).  Sur l’album, on retrouve aussi quelques reprises (des Hummingbirds, Weyes Blood, …). En plus de l’inspiration Beach Boys, ça m’a aussi fait penser par moments à l’unique album du groupe Zombies, par exemple sur “Lost in my dream”, que voici:

 

Hey Satan – Orange Moon

Orange Moon est le second opus de ces stoners helvétiques. Stoner mais pas complètement stones. Ca balance du heavy. Ca me fait furieusement penser aux français de 7 Weeks (en particulier sur “Show Me Your Teeth Fucker!”), mais en plus “to the point” (tu l’entends ma disto? pas grave, je t’en rajoute un peu quand même!) . Je ne sais pas s’ils ont suffisamment d’inspiration pour faire 50 albums, mais en tous cas celui-ci et le précédent (eponyme), sont à écouter. Pour vous faire une idée, essayez “Prayers are for cowards” (un titre que n’aurait pas renié un certain Jean-François B.), ou “Heavy like a rose”. Ou alors ce très direct “Housewife Blues”:

 

Nebula – Holy Shit

Deux rescapés de Fu Manchu recrutent un bassiste. Ca donne Nebula. Ca sonne comme un premier album de rock garage (ce qui peut être un compliment), sauf qu’ils en ont déjà sorti une tripottée. Un son très sale, saturé de partout, des sons de guitare bizares qui traversent le tout, une sale ambiance. J’aime l’ambiance, et ils ne manquent pas d’originalité dans les compositions, mais le son est quand même… vraiment crade.

 

Plague Vendor – By Night

Punk dans l’esprit, mais résolument modernes, les gars de Plague Vendor n’hésitent pas à méler sons électros (la batterie, c’est vraiment du trigger à tous bouts de champs), grosses distos, et une voix qui quand elle hurle pourrait venir des refrains des beastie boys (“New Comedown”). Certains titres ont une rythmique digne d’un Frans Ferdinand qui pour une fois se serait faché (“All Of The Above”), d’autres des guitares d’Arctic Monkeys qui auraient oubliés de se ramolir (“White Wall”). La voix, quand elle ne crie pas, fait d’ailleurs parfois penser à celle d’Alex Turner (“Night Sweats” par exemple). Voici New Comedown pour se faire une idée, mais ne passez pas non plus à côté de la bien originale “Snakeskin Boots”.

 

The Raconteurs – Help Us Stranger

Jack White répartit son temps ces dernières années entre ses albums solo, les albums avec Dead Weathers et les albums avec les Raconteurs. Autant je trouve que Dead Weather a une patte bien différente (parce que Dean Fertita est un génie, parce que Alison Mosshart est fachée, parce que White y joue à la batterie), autant je trouve que distinguer ses albums solos des albums des raconteurs est un vrai challenge. D’ailleurs une partie des chansons de cet album-ci a été écrite par White pour son dernier album solo (Boarding House Reach, datant de 2018)… et puis il n’y avait plus assez de place sur l’album alors, bon, hein, ne chipottons pas et mettons les ailleurs.  Du coup, peu de valeur ajoutée du groupe, à mon sens. Rien à redire sur la production, c’est très bien exécuté comme toujours, mais ça n’apporte rien de neuf au rock. C’est un travail très encyclopédique, en fait, ça résume bien le rock’n’roll, ça lui rend un bel hommage. Intéressant et sympa quand même, Spotify propose une version de l’album commentée track-by-track par Jack White (quand je vous disais “encyclopédique”…):

 

Rammstein – Rammstein

Je trouve que c’est un excellent album de Rammstein! Les deux premiers singles qui sont sortis, issus de l’album, étaient radicalement opposés: “Deutschland”, un titre bien rock, long et assez heavy, parfait pour les concerts dans les stades, avec un clip léché d’une part et puis d’autre part “Radio”, un truc très electro/pop au premier abord, dans un format… radio (moins de 5 min).  Et tout l’album oscille entre ces deux tendances. Aux deux extrêmes il y a “Puppe”, un des titres les plus brute de décoffrage du groupe (ne pas se fier à l’intro), “Zeig Dich” ou “Tattoo” d’un côté, et “Auslander”, un titre très dance de l’autre. Le reste est ponctué de titres plus sombres, plus down tempo.

 

Soilwork – Verkligheten

Après avoir sorti 4 albums en trois ans, dont un double (y en a qui choment pas), Soilwork avait du un peu mettre le pied sur la pédale de frein en 2017-2018, notamment parce que Dirk Verbeuren (un des meilleurs batteurs rock du monde) a été débauché par Megadeth (paaas bien m’sieur Dave!). Qu’à cela ne tienne, son successeur Bastian Thusgaard n’est pas le moins du monde plus feignant s’agissant de cogner du drumset. Et donc nous voici en 2019 avec un nouvel album. Avec une jolie intro toute en guitare non-disto, pour mettre l’ambiance, avant de vous innonder de blastbeats avec “Arrival”. On reste sur un album typique du groupe, alternant dans une même chanson des couplets légèrement growling pour suivre avec des refrains plus mélodic/symphonic metal.  L’album est assez homogène en qualité (élevée).

 

Smashing Pumpkins – Concert à la Lotto Arena, 10 Juin 2019

Etonnant, mais je n’avais jamais encore croisé la route des citrouilles, que ce soit à un de leurs concerts ou en festival. On me les avait dit assez renfermés, non-communiquant, limite pas contents d’être là. Mais bon, comme le line-up était quasiment celui d’origine, avec -obviously- Billy Corgan, James Iha et -surtout- Jimmy Chamberlin, j’avais quand même acheté une place. D’autant que la Lotto Arena, c’est une chouette salle. Un bon son, un peu plus grande que l’AB, bien plus petite que le Sportpaleis. Et en plus il y avait toute une bande de potes à accompagner.

Et bien, je dois dire que ça a été un de mes meilleurs concerts de rock. Ever.

Une playlist super longue et variée (du vieux, du neuf, même des covers), de la bonne humeur (si, si, Billy Corgan a même souri), du dialogue avec le public (on sait tout sur les ascendances belges de Billy) et même une fête d’anniversaire (celui de Jimmy), avec un gateau et tout. La qualité de jeu était exceptionnelle, le volume pas trop élevé, et donc assez détaillé. J’avais vu un paquet de vidéos des Smahings où le tempo en live est exagérément rapide, mais ici c’était juste comme il faut. Les jeux de lumières étaient bien, la scénographie aussi. Voici quelques photos:

 

 

Si je devais mettre un bémol je dirais: la reprise de The Cure (Friday I’m in love). Vraiment pas nécessaire et pas hyper bien rendue. Ah oui, et aussi, la première partie, c’était Fang Club, que je ne recommande pas forcément. En live ça sonnait comme Nirvana sans la drogue et la rage. Mais bon, c’est vraiment pour chercher des minis points négatifs.

 

Tool – Fear Inoculum

13 ans! C’est ce qu’il aura fallu attendre entre 10,000 Days (2006) et ce nouvel album. Pourtant 13 ans ça ne fait que grosso-modo 4747 jours, et pas dix milles. Mais entre temps, les différents membres de Tool ne sont pas restés inoccupés. Meynard James Keenan, le chanteur, a notamment laché plusieurs albums avec Puscifer (à découvrir si ce n’est déjà fait, en particulier le dernier en date, Money Shot, 2015) et a Perfect Circle (avec -rebonjour- James Iha ! ). Mais bon voilà, ils sont de retour. Qu’est-ce que ça donne? Il faudra attendre le 30 aout (plus que quelques fois dormir) pour avoir tout l’album, mais le premier single est sorti (Fear Inoculum). C’est comme une piste de 10,000 Days, mais en mieux produite (le son est meilleur). On y retrouve les mêmes sonorités: même tablas (jouées sur un mk2.9 pour les techos/curieux), mesures composites en mode math-rock, incantations vocales, … Donc très bien mais pas révolutionnaire. Deux-trois autres titres ont été joués par-ci par-là en live récemment, mais pas disponibles en bonne qualité audio.

Attendons, l’album dans moins d’une semaine pour juger. En tous cas, le suspens lié à la sortie de cet album annoncé depuis des années, vaguement, puis depuis des mois, de façon certaine, a fait vibrer les amateurs de rock. Et ces dernières semaines, Tool en a profité en publiant sur certaines plateformes de streaming quasi tout leur catalogue, absent jusque là de ces plateformes. En quelques jours, leurs titres sont devenus *les plus écoutés* desdites plateformes et autres charts (voir les détails ici, impressionnants).

 

Les Enroules

Et, oh, pas fou, j’en profite quand même, si vous m’avez lu jusqu’ici pour vous inviter cordialement au dernier concert public des Enroules cette année, qui aura lieu lors du Melting Rock Festival le samedi 30 novembre 2019 à la Ferme du Biéreau. D’autres concerts auront lieu avant ça, mais ils sont privés. Deux ans après la première édition (sold out), on vous remet le couvert encore une fois avec Canal’Do et Aequivox, mais cette fois dans une formule bien plus audacieuse, bien plus mélangée (“Melting” prendra tout son sens). Les réservations vont déjà bon train, c’est ici:

TICKETS MELTING ROCK FESTIVAL

Ce concert sera la cloture d’une très belle année de concerts (celle où on en aura fait le plus, by the way, depuis la reformation des Enroules en 2016). Plein de bons moments, de chouettes rencontres, de kiloBels, et quelques hectolitres de bières (si, on a compté). Merci à tous pour votre engoument sans faille. Et à mes inestimables comparses.

Et pour vous faire patienter, il y a toujours le channel youtube des Enroules, avec entre autres une nouvelle vidéo live:

See you next year!

Thib

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